4 septembre 2026

Aquasphère : fédérer les PME de l'eau et des biodéchets pour changer d'échelle

Accueil » Actualités » Aquasphère : fédérer les PME de l’eau et des biodéchets pour changer d’échelle

Président du groupe Aquasphère, Régis Desroches a fait le pari de réunir des PME françaises spécialisées dans l’eau et les biodéchets, pour leur donner collectivement les moyens qu’elles n’avaient pas isolément. Retour sur une logique de consolidation, une conviction qui s’adapte à chaque interlocuteur, et les signaux d’un changement profond dans le rapport des industriels à l’eau.

Une consolidation à double logique

Le projet d’Aquasphère repose sur une conviction simple : des PME spécialisées dans l’eau et les biodéchets peuvent accomplir ensemble ce qu’elles ne parviennent pas à faire isolément. Trop petites pour répondre aux appels d’offres des grands groupes industriels, trop dispersées pour couvrir l’ensemble du territoire, elles disposaient pourtant d’un savoir-faire technique réel, souvent constitué au fil de décennies d’expérience. « Notre rôle a été de les réunir autour d’une vision commune », résume Régis Desroches.

« La sélection des entreprises intégrées au groupe a obéi à une double logique», explique Régis Desroches. Une logique de chaîne de valeur d’abord, pour couvrir l’ensemble des besoins industriels en matière d’eau : eau propre, eaux usées, et méthanisation, c’est-à-dire la valorisation des déchets organiques en biométhane. Une logique géographique ensuite, pour être présents sur l’ensemble du territoire français, avec des commerciaux et des techniciens capables d’intervenir localement, non seulement pour installer des équipements, mais pour assurer le suivi, la maintenance et le service après-vente dans la durée.

Convaincre les industriels : une conviction, plusieurs entrées

Il n’existe pas, selon Régis Desroches, d’argument universel pour convaincre un industriel de changer sa gestion de l’eau : tout dépend de l’interlocuteur. Un directeur RSE engagé dans un plan de réduction des consommations d’eau sera sensible aux arguments environnementaux : préservation de la ressource, réduction de l’empreinte hydrique, contribution aux objectifs de développement durable du groupe. Un responsable de maintenance confronté à des contraintes budgétaires ou à un manque de techniciens qualifiés attendra avant tout des réponses concrètes sur les coûts et la fiabilité opérationnelle.

Les équipes commerciales d’Aquasphère sont formées à naviguer entre ces registres. Mais quelle que soit l’entrée choisie, le message de fond reste identique : « Le gaspillage de la ressource eau n’est plus tenable, ni économiquement ni écologiquement. Et les solutions existent. »

Un secteur en mutation profonde

Le secteur de l’eau traverse une transformation accélérée par une série de signaux d’alarme convergents. « Quand j’étais jeune ingénieur, et plus tard directeur d’usine, l’eau était perçue comme une ressource abondante et quasi gratuite », rappelle Régis Desroches. Cette époque est révolue : le stress hydrique frappe désormais certaines régions françaises chaque été, des événements climatiques extrêmes provoquent des pollutions massives qui contaminent les nappes phréatiques, et le problème des PFAS – ces polluants présents dans les eaux souterraines et les réseaux de distribution – est devenu un sujet de préoccupation majeur pour les collectivités comme pour les industriels.

Face à ces réalités, les comportements changent. Le Plan Eau lancé par le gouvernement, qui vise une réduction de 10% des prélèvements de la ressource d’ici 2030, envoie un signal politique fort. Mais au-delà des réglementations, c’est dans les décisions quotidiennes des dirigeants, privés comme publics, que se lit un vrai changement de paradigme, un mouvement encore insuffisant au regard de l’urgence, mais réel, et appelé à s’accélérer.

Gestion durable de l’eau : des fers de lance à suivre

Pour Régis Desroches, la gestion durable de l’eau n’est pas une utopie : elle est déjà une réalité dans certains territoires pionniers. La commune de Mouans-Sartoux, dans l’arrière-pays grassois des Alpes-Maritimes, en est peut-être l’exemple le plus abouti. Dans une région structurellement déficitaire en eau, cette commune de moins de 10 000 habitants a fait le choix d’une approche globale et régénérative : gestion raisonnée des ressources, agriculture biologique en régie directe pour les cantines scolaires, préservation des zones humides, sensibilisation des habitants. Un modèle cohérent, dans lequel chaque décision s’inscrit dans une vision d’ensemble.

Ce que Mouans-Sartoux démontre, c’est qu’un territoire qui réussit sa transition hydrique n’est pas un territoire qui consomme moins par contrainte, c’est un territoire qui a repensé sa relation à l’eau dans sa globalité.