EnergieTeam : vingt ans d'ancrage territorial au service de l'éolien français
En 2002, quand Ralf Grass fonde EnergieTeam, l’énergie éolienne reste une technologie marginale sur le territoire français, accueillie avec une prudence mêlée de scepticisme. Deux décennies plus tard, l’entreprise s’est imposée comme un développeur d’envergure nationale, actif sur l’éolien, le photovoltaïque et le stockage, avec une contribution pouvant atteindre 2% de la production électrique annuelle du pays. Retour sur un changement d’échelle qui dit autant de l’évolution d’une entreprise que de celle des mentalités françaises face aux énergies renouvelables.
Une pédagogie de terrain, projet après projet
Au tournant des années 2000, tout restait à construire. Les éoliennes étaient méconnues, et leur déploiement se heurtait à une méfiance qu’il fallait désamorcer localement. « Il a fallu un travail considérable de pédagogie » rappelle Ralf Grass : expliquer le fonctionnement, dissiper les craintes, démontrer les bénéfices, projet après projet, territoire après territoire.
Ce travail de fond a fini par porter ses fruits. La transition énergétique n’est plus, aujourd’hui, un horizon abstrait : elle s’inscrit concrètement dans les paysages, dans les budgets des collectivités, et dans le quotidien des agriculteurs qui accueillent des installations sur leurs terres.
L’adhésion des territoires, condition de la réussite
Pour EnergieTeam, la réussite d’un projet éolien repose sur un principe non négociable : l’adhésion de l’ensemble des parties prenantes : propriétaires, exploitants, élus, conseils municipaux, riverains.
Cette méthode s’appuie sur une communication continue : réunions de concertation, visites de parcs en exploitation permettant aux habitants de constater par eux-mêmes la réalité d’un parc éolien au quotidien, échanges directs pour recueillir les préoccupations. Le projet doit ensuite évoluer en fonction de ce qui est entendu, dans son implantation, ses dimensions, ses engagements. Un projet qui divise est souvent un projet qui a été imposé ; un projet qui fédère est un projet qui a été construit avec le territoire.
Le repowering, ou l’expérience au service de l’acceptabilité
Sur les territoires qui accueillent déjà un parc éolien, le repowering – le remplacement des éoliennes vieillissantes par des machines plus performantes – bénéficie d’un atout de taille : une population déjà familiarisée avec la réalité de l’exploitation, ses impacts visuels, sonores et économiques. Cette familiarité crée un terrain favorable au dialogue, et souvent une véritable appropriation locale, au point que « les générations plus jeunes, ayant grandi avec ces éoliennes dans leur paysage, expriment parfois un attachement réel à leur maintien », observe Ralf Grass.
Ce contexte favorable ne dispense toutefois pas d’un travail d’explication rigoureux. Il s’agit de démontrer la nécessité du renouvellement et les bénéfices concrets qu’il apporte à la commune pour les vingt-cinq années suivantes, en matière de puissance installée, de retombées fiscales et d’intégration paysagère. Le repowering, bien mené, est souvent l’occasion de corriger ce qui n’avait pas parfaitement fonctionné dans le projet initial et de « de proposer quelque chose de mieux adapté au territoire tel qu’il est aujourd’hui » note Ralf Grass.
Une question de souveraineté
La transition énergétique ne peut se penser indépendamment de la question de la souveraineté. Un territoire qui réussit sa transition est un territoire qui produit une part significative de l’énergie qu’il consomme, qui ancre cette production dans son tissu local – agriculteurs, collectivités, entreprises – et qui contribue à une Europe moins vulnérable aux chocs extérieurs. « L’éolienne en France, ce n’est pas une utopie, c’est une partie des réponses, à condition qu’on choisisse collectivement de les mettre en œuvre. »